La perception visuelle de l’homme et de l’abeille est très différente

La perception visuelle de l’homme et de l’abeille est très différente.

Les expériences détaillées dans l’article de «  La santé de l’abeille » n° 254 pages 29- 37 démontrent par exemple que l’abeille distingue le bleu du jaune mais confond le rouge et le noir. L’abeille est sensible à la lumière ultraviolette que l’œil humain ne voit pas.

Figure 1 :  spectre visuel

Les surfaces blanches qui absorbent différemment les rayons ultra-violet sont perçues comme différentes par l’abeille qui peut donc identifier plusieurs variétés de fleurs blanches identiques en apparence pour nous. Grâce à sa vision des UV l’abeille distingue des « pistes d’atterrissage » que nos yeux ne nous permettent pas de voir.

Figure 2 : vision UV

Dans nos régions, la plupart des plantes dont la pollinisation dépend des abeilles sont bleues ou jaunes, et on peut penser que les abeilles distinguent ces couleurs là. Mais on pourrait se demander longtemps comment l’abeille « voit » le coquelicot sans trouver de réponse dans la littérature très abondante sur la perception visuelle comparée de l’homme et des animaux …

 

Toutes ces études sur la vision présentent un intérêt pratique pour nous permettre de concevoir des motifs visuels colorés pour différencier nos ruches, à la fois pour nous et pour nos abeilles.

Pour nous, l’essentiel est de pouvoir identifier simplement nos ruches pour bien prendre des notes lors de nos travaux au rucher. Pour l’instant nous n’avons pas encore opté pratiquement entre les nommer (Dalila, Bernard, etc), les numéroter (1 ; n) ou les classer (A ; B) ?

Pour les abeilles, quand les ruches sont alignées, il est difficile pour une butineuse de localiser sa propre ruche et quand il n’y a pas de marques clairement distinctives entre une ruche et sa voisine, il y a un risque de dérive de l’une à l’autre. Une butineuse chargée de nectar est acceptée par la colonie voisine ; ceci explique que les colonies situées aux extrémités d’une rangée de ruches uniformes produisent plus de miel que celles installées au milieu.

 

La longue expérience des apiculteurs et celle des chercheurs nous permet de comprendre que l’abeille perçoit bien la différence entre des formes constituées de sortes de « code barres » diversement inclinés :

 

 

 

 

 

 

 Figure 3 : exemples de pattern

 

En jouant sur un choix de ces différentes formes associées à une palette de trois couleurs (jaune, bleu et vert), à nous d’imaginer la combinatoire florale qui nous plaît et qui plaira à nos abeilles. Ainsi nous pouvons concevoir et ajouter sur nos ruches des « casquettes à motifs colorés avec grillage » pour influencer favorablement le bien-être de nos abeilles. Parce que le problème n’est pas seulement de les prémunir de la dérive mais aussi et surtout contre les attaques du terrible « péril jaune » !…

 

Henri R.