Les abeilles ont-elles la bosse des maths?

Une étude sur les compétences en arithmétique des abeilles, faite en Australie et publiée dans « Science Advances » montrerait qu’elles ont une « bosse des maths ».

L’expérience, dont le résultat fait le « buzz » dans l’ensemble de la médiasphère a été conduite sur 14 abeilles qui ont été dressées à faire un choix dans un labyrinthe en Y. Ce qui fait tout le mérite de cette étude c’est le protocole : 100 apprentissages sur 14 abeilles testées chacune 10 fois sur deux scenarii différents, un pour l’addition, l’autre pour la soustraction.

Scenario addition

Sur la figure 1 on voit le scénario « addition » avec un motif « DEUX carrés bleus ».

La récompense (reward) est de l’eau sucrée. La punition (punishment) c’est de l’eau avec de la quinine (très amère).

Après apprentissage, l’abeille choisi de s’orienter vers  le motif « TROIS carrés bleus » (en haut à droite).

Figure 1 : Scénario « ADDITION »

Dans le deuxième scénario, celui de la soustraction (fig. 2), l’abeille apprend le choix : « un carré jaune en moins » : elle voit d’abord « TROIS carrés jaunes » et apprend à choisir la réponse correcte (correct answer) « DEUX carrés jaunes »

Figure 2 : Scénario « SOUSTRACTION »

Essentiellement la première image vue par l’abeille dans le test contenait une forme (par exemple un carré) et deux couleurs (jaune ou bleue). Ni le nombre, ni la forme n’avait été présenté pendant l’apprentissage. Elle ne pouvait donc pas mémoriser la réponse correcte.

Les résultats montrent que l’abeille réussit mieux que « au hasard » c’est à dire entre 64 et 72% des cas. Peut-on en conclure que l’abeille est capable d’apprendre l’addition et la soustraction?

Ce que l’on peut dire c’est que le résultat de l’expérience montre :

  1. Que l’abeille est capable d’établir une différence de quantité. Par exemple que le champ de fleurs bleues à droite est plus riche que le champ de fleurs bleues à gauche.
  2. Que l’abeille est capable d’apprendre à se diriger vers le champ de fleurs dont la quantité augmente (dans le cas de l’exemple vers le champ de fleurs bleues).
  3. Que l’abeille est capable d’apprendre à se diriger vers le champ de fleurs dont la quantité diminue, par exemple le champ de fleurs jaunes à gauche. Mais elle ne le fait que si elle est récompensée par de l’eau sucrée, ce qui est l’équivalent d’une bonne collecte de nectar. Chose qui est possible dans la nature : un champ pauvre en fleurs mais dont les fleurs sont très nectarifères.

Conclure que l’abeille est capable de « calculer » la différence est simplement une exagération. L’abeille est capable d’apprendre à aller vers un butin dont elle a gardé en mémoire qu’il était plus riche qu’un autre même si « visuellement » il était de quantité moindre.

Ce qui est certain c’est qu’elle peut discriminer entre deux groupes d’objets celui qui est plus grand d’une unité ou plus petit d’une unité.

Le Dr Adrian Dyer de l’Université de Melbourne en Australie d’ailleurs ne s’y trompe pas : il écrit en conclusion de son article « une chose est d’évaluer une différence de quantité et une autre chose est de calculer un nombre mesurant cette différence de quantité ».  

Les résultats de l’expérience ne permettent pas de conclure quand à la capacité de l’abeille d’acquérir des compétences comptables! …

Cette étude est d’abord une réussite des chercheurs quand à leur patience dans la conduite de l’expérience d’apprentissage chez l’abeille. Mais des recherches pouvant démontrer que l’abeille est capable de calculer risque de prendre encore quelque temps! …

La notion d’addition et de soustraction est complexe : l’enfant humain ne l’acquiert qu’après un apprentissage difficile et parfois achoppe sur la compréhension du concept « ZERO » nécessaire au « calcul ».

La vraie conclusion de l’expérience  est la démonstration de la compétence de l’abeille à apprendre à résoudre des problèmes de choix contre-intuitifs, ce qui au niveau de l’intelligence de la situation n’est pas si mal : Pas folle la guêpe!… 

Nous aimons nos enfants et aussi nos abeilles. Alors gardons-nous de les compter ensemble comme torchons et serviettes et de confondre « calculer » et « évaluer ».

Copyright: Henry Roussel _ lespetitscarresdecaen.fr

Ouvrez les yeux !

L’avez-vous remarqué ?  La luminosité prend de l’assurance et accélère sa course contre l’obscurité, les poules se remettent à pondre,  … Le printemps approche …

Il y a un signe qui ne trompe pas dans la haie du jardin :

Chaton de noisetier Février 2019

Les rameaux de noisetier se parent de longs chatons virant au jaune. Ces chatons constituent les fleurs mâles de la plante.  

Approchez-vous encore et vous découvrirez de minuscules étoiles pourpres : ce sont les fleurs femelles.


Petite particularité botanique, les fleurs mâles s’épanouissent avant les fleurs femelles, la plante a recours à la pollinisation croisée pour fructifier. C’est le vent, et non les insectes, qui transporte le pollen pour assurer la fécondation des fleurs femelles (espèce anémophile).

La floraison du noisetier a lieu entre le mois de janvier et le mois de mars alors que les feuilles sont encore réduites à l’état de bourgeons.

Au mois de février, la colonie reprend un peu d’essor, la reine recommence à pondre et la colonie a besoin de pollen frais .

Les noisetiers constituent une des premières des ressources en pollen à la sortie de l’hiver. Les abeilles viendront y butiner dès les beaux jours le précieux or poudreux pour reconstituer les réserves indispensables à la croissance des larves et donc au réveil printanier de la colonie.